Comment la manifestation contre l’insécurité a viré à l’affrontement avec la police | Ligne Directe, site d'informations

GUINÉE

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Pour protester notamment contre l’agression le 4 avril de son porte-parole, l’opposition guinéenne a appelé lundi ses partisans à descendre dans les rues de Conakry. Une “volonté d’instituer de la pagaille” dans la capitale, selon le pouvoir qui a déployé la police pour réprimer les manifestants. À balles réelles…

Alors que blessés le président Alpha Condé est à Paris, en escale avant d’assister aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington (17-19 avril), la police a tiré ce lundi 13 avril sur des manifestants à Conakry. À en croire une source médicale et des témoins, une dizaine de partisans de l’opposition guinéenne qui voulaient manifester dans la capitale contre le pouvoir ont été blessés à balles réelles lors de heurts avec les forces de l’ordre.

Alors que le président Alpha Condé est à Paris, en escale avant d’assister aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington (17-19 avril), la police a tiré ce lundi 13 avril sur des manifestants à Conakry. À en croire une source médicale et des témoins, une dizaine de partisans de l’opposition guinéenne qui voulaient manifester dans la capitale contre le pouvoir ont été blessés à balles réelles lors de heurts avec les forces de l’ordre.

Plusieurs blessés

“De violents affrontements ont opposé en effet des jeunes manifestants aux forces de l’ordre à Hamdallaye (un quartier de la capitale) où les forces de l’ordre ont tiré sur trois jeunes manifestants”, a affirmé sous le couvert de l’anonymat un médecin de la clinique Jean Paul II.

“Les deux premiers, blessés aux jambes et aux cuisses, ont été transportés à l’hôpital Jean Paul II de Taouyah”, a précisé cette source, ajoutant que “le troisième a été gravement atteint au ventre par les tirs des forces de l’ordre qui l’ont trimballé sur plusieurs mètres avant de l’abandonner”.

“Ce troisième blessé a été vite récupéré par ses camarades qui l’ont conduit dans une autre clinique, du quartier de Ratoma”, a indiqué un gendarme.

Par ailleurs, quatre autres manifestants ont été blessés dans le quartier de Simbaya, selon des témoins et un policier.

Comment en est-on arrivé là ?

L’opposition avait appelé à manifester lundi dans toutes les communes de la capitale contre l’insécurité, dont elle impute la responsabilité au président Alpha Condé, après l’agression de son porte-parole le 4 avril à Conakry.

Mais tôt le matin, les forces de l’ordre – policiers et gendarmes – se sont déployées en masse dans tous les lieux prévus de ces rassemblements non autorisés dans plusieurs carrefours de la capitale, notamment aux ronds-points de Bambéto, de l’aéroport, de Hamdallaye et Lambanyi (banlieue). Manifestants et forces de l’ordre se sont alors affrontés.

Les tirs se poursuivaient en fin de matinée, et de jeunes partisans de l’opposition étaient toujours dans les rues, provoquant des scènes de panique parmi des habitants tentant de rentrer chez eux.

Escalade verbale

De son côté, Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité, a accusé l’opposition de “vouloir instaurer un climat d’instabilité dans le pays par des manifestations non autorisées”. “C’est bien cohérent avec leur volonté d’instituer de la pagaille dans toutes les communes,” a-t-il taclé.

Le député de la commune de Ratoma, El Hadj Aliou Bah, membre de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition), a lui harangué ses militants, leur déclarant qu’”il ne faut plus vraiment avoir peur des policiers et gendarmes, il faut les affronter de visu”.

“Ne provoquez personne, quand on vous dit de vous arrêter, arrêtez-vous, mais quand on vient vous attaquer alors que vous êtes innocents, ne vous laissez plus faire, ça au moins c’est clair”, leur a-t-il dit.
“De violents affrontements ont opposé en effet des jeunes manifestants aux forces de l’ordre à Hamdallaye (un quartier de la capitale) où les forces de l’ordre ont tiré sur trois jeunes manifestants”, a affirmé sous le couvert de l’anonymat un médecin de la clinique Jean Paul II.

“Les deux premiers, blessés aux jambes et aux cuisses, ont été transportés à l’hôpital Jean Paul II de Taouyah”, a précisé cette source, ajoutant que “le troisième a été gravement atteint au ventre par les tirs des forces de l’ordre qui l’ont trimballé sur plusieurs mètres avant de l’abandonner”.

“Ce troisième blessé a été vite récupéré par ses camarades qui l’ont conduit dans une autre clinique, du quartier de Ratoma”, a indiqué un gendarme.

Par ailleurs, quatre autres manifestants ont été blessés dans le quartier de Simbaya, selon des témoins et un policier.

Comment en est-on arrivé là ?

L’opposition avait appelé à manifester lundi dans toutes les communes de la capitale contre l’insécurité, dont elle impute la responsabilité au président Alpha Condé, après l’agression de son porte-parole le 4 avril à Conakry.

Mais tôt le matin, les forces de l’ordre – policiers et gendarmes – se sont déployées en masse dans tous les lieux prévus de ces rassemblements non autorisés dans plusieurs carrefours de la capitale, notamment aux ronds-points de Bambéto, de l’aéroport, de Hamdallaye et Lambanyi (banlieue). Manifestants et forces de l’ordre se sont alors affrontés.

Les tirs se poursuivaient en fin de matinée, et de jeunes partisans de l’opposition étaient toujours dans les rues, provoquant des scènes de panique parmi des habitants tentant de rentrer chez eux.

Escalade verbale

De son côté, Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité, a accusé l’opposition de “vouloir instaurer un climat d’instabilité dans le pays par des manifestations non autorisées”. “C’est bien cohérent avec leur volonté d’instituer de la pagaille dans toutes les communes,” a-t-il taclé.

Le député de la commune de Ratoma, El Hadj Aliou Bah, membre de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition), a lui harangué ses militants, leur déclarant qu’”il ne faut plus vraiment avoir peur des policiers et gendarmes, il faut les affronter de visu”.

“Ne provoquez personne, quand on vous dit de vous arrêter, arrêtez-vous, mais quand on vient vous attaquer alors que vous êtes innocents, ne vous laissez plus faire, ça au moins c’est clair”, leur a-t-il dit.

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