Indépendance de la Casamance Jean-Marie François Biagui met les pieds dans le plat | Ligne Directe, site d'informations

Ancien secrétaire général du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qui mène une lutte armée pour l’indépendance de la région sud du Sénégal, Jean-Marie François Biagui jette un véritable pavé dans la mare de la revendication indépendantiste. Dans une correspondance, Jean-Marie François Biagui affirme sans détour que le serment prêté au MFDC au moment de la création de la rébellion et principalement de son maquis, n’a jamais existé. Or, c’est ce serment qui semble donner de la légitimité à la réclamation indépendantiste. Indépendance de la Casamance

A la base de ce “serment”, dit-on, il y aurait un “contrat de communauté” entre le Sénégal et la Casamance, qui arriverait à échéance en 1980, au terme d’une durée “contractuelle” de vingt ans. Le nom du défunt Emile Badiane, ancien membre du MFDC originel ancien et ministre sous Senghor a souvent été cité comme signataire de ce contrat pour la partie casamançaise. Et, selon les tenants de cette thèse, la Casamance aurait le droit de ne pas renouveler son engagement “contractuel”, en dépit du veto sénégalais. Le pacte aurait été consolidé dans le ‘’bois sacré’’…

Mais l’ancien secrétaire général de la rébellion casamançaise est catégorique : “Dieu sait – les ancêtres casamançais et sénégalais le savaient aussi, tout comme de nos jours nos contemporains – qu’un tel “contrat de communauté” n’a jamais existé. Un véritable coup de pied dans la fourmilière des convictions rebelles et de la ligne dure du maquis. Car c’est sur la base de l’existence supposée de ce document dont l’Abbé Diamacoune aurait été le dépositaire que beaucoup de combattants ont rejoint le maquis en étant convaincus que le prêtre rebelle ne pouvait que dire la vérité.

Or Jean Marie-François Biagui va plus loin et affirme qu’à l’image de ce contrat qui n’a jamais existé, le “serment” attribué à l’abbé Diamacoune et à ses compagnons qui l’auraient fait jadis, au nom du Peuple casamançais, quand ils fondèrent ou, plus exactement, quand ils donnèrent leur bénédiction pour la création de ce qui est devenu depuis le “maquis casamançais” n’est qu’une vue de l’esprit.

A la vérité, affirme l’ancien chef rebelle, les deux “serments” ont bon dos et ne sont rien moins que l’expression la plus pathétique et la plus éloquente de ce que nous concevons comme une démission politique, individuelle et collective, dans la douloureuse gestion du conflit en Casamance. Car, souligne Jean-Marie François Biagui pour s’en désoler, “Il se trouve toutefois des individus, souvent malintentionnés, quelques fois bien-pensants, pour affirmer que le retour de la paix durable en Casamance est une vue d’esprit et qu’il le restera aussi longtemps que la Casamance ne daignera se délier de ce “serment”. Les plus intrépides vont même jusqu’à suggérer que la Casamance serait frappée de cette fatalité, ou de cette malédiction, qui voudrait que la paix que tout le monde appelle de ses vœux ne puisse jamais y prévaloir, au motif que les auteurs et autres initiateurs du “serment” seraient tous ou presque tous morts”, ce qui est totalement faux, regrette M. Biagui.

Expliquant que “l’abbé Diamacoune n’a pas pu naître indépendantiste. Pas plus d’ailleurs qu’aucun autre Casamançais, ni avant ni après lui”, Jean Marie François Biagui se dit persuadé que “le problème sénégalais en Casamance n’est ni culturel, encore moins cultuel. De même qu’il ne saurait être comme un arbre mythique dont les racines s’enfonceraient dans les profondeurs abyssales de la terre casamançaise, pour devoir alors s’épanouir à la faveur d’on ne sait quelle forme de mysticisme casamançais”. Pour l’ancien chef rebelle, il s’agit d’un problème éminemment politique et institutionnel.

“Politique, parce que la revendication de l’indépendance de la Casamance est fondamentalement un acte politique. Et institutionnel, parce que, y apporter une réponse en guise de solution de sortie de crise, doit nécessairement participer d’un processus de profonde refondation de l’Etat et de la République. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si de nos jours l’on évoque à souhait la nécessité de réforme institutionnelle au Sénégal”, conclut M. Biagui.

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