L’ex-DG de CBAO perdu par des découverts | Ligne Directe, site d'informations

CONDAMNE POUR SOUSTRACTION FRAUDULEUSE-ESCROQUERIE

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Comme promis dans notre édition d’hier, ‘’EnQuête’’ revient sur la condamnation dont l’ex-directeur général de la Compagnie bancaire d’Afrique de l’Ouest (CBAO) Attijariwafa, Abdelkrim Raghmi a fait l’objet. Au lieu de l’entreprise Les Ciments du Sahel, c’est plutôt Khalifatoulaye Koulibaly, l’entrepreneur qu’Aïda Ndiongue avait giflé, qui est la partie civile.
Six mois de prison assortis du sursis et des dommages et intérêts d’un montant de 500 millions de francs CFA. C’est la sanction que le tribunal correctionnel de Dakar a infligée, mardi dernier, à l’ex-directeur général de la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO). Abdelkrim Raghmi a été reconnu coupable d’escroquerie et de soustraction frauduleuse de fonds. L’ex-Dg limogé le mois dernier a été rattrapé par sa gestion puisqu’il a été condamné au préjudice d’un client de la banque. Il s’agit de Khalifatoulaye Koulibaly. L’homme à qui Aïda Ndiongue avait donné une gifle ‘’retentissante’’ devant les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie. C’était lors de l’enquête sur les produits phytosanitaires ayant valu à l’ex-sénatrice libérale d’être poursuivie pour détournement de deniers publics.

Représentant de la Compagnie générale de sécurité européenne zone Afrique (CGSE), Khalifatoulaye Koulibaly avait fait dépôt d’un montant de 300 millions de F CFA à la CBAO. D’après sa narration des faits, au moment du dépôt, la banque lui avait suggéré de mettre l’argent dans un compte, qui à terme générerait des intérêts. Mieux, la CBAO lui avait fait miroiter un prêt sous forme de découvert. Pour le convaincre, ses interlocuteurs lui avaient fait croire que toutes les opérations seraient supportées par le découvert. En bon businessman, Khalifatoulaye s’était souscrit pour un découvert de 20 millions de F CFA qui sera finalement porté à 50 millions F CFA.

C’est après cette souscription que les difficultés ont commencé pour l’entrepreneur car sa société ne recevait plus de relevés. Il a fait des pieds et des mains pour recevoir finalement les relevés. Grande a été la surprise de la partie civile de découvrir qu’on lui avait imputé des découverts à hauteur de 250 millions de F CFA. Ce qui correspondait presque à la somme de 300 millions qu’il avait bloquée. Pis, le client avait constaté un écart de 67 millions sur un relevé produit entre le 30 décembre 2013 et 1er janvier 2014.

Au final, la banque avait fini par récupérer les 300 millions bloqués sous forme d’intérêts et autres frais. Se sentant dépouillé, M. Koulibaly a porté plainte avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction qui a ordonné une expertise comptable. Le rapport déposé sur la table du juge par l’expert-comptable, Pape Alboury Ndao a été plus qu’accablant. Il a confirmé les dires de la partie civile selon lesquels les découverts ont été accordés à son insu. Et qu’il s’agissait en réalité ‘’d’un jeu de découverts fictifs’’ qui ont permis à la banque d’absorber tous les fonds de Koulibaly. Autant de faits qui ont conduit à la condamnation de l’ex-DG qui toutefois a été relaxé du délit de faux et usage de faux.

Le tribunal a accordé à la partie civile 500 millions de F CFA de dommages et intérêts.

EnQuête

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