Maurice, futur Singapour de l’Afrique ? | Ligne Directe, site d'informations

Curepipe, Flic en Flac, Cap Malheureux, Trou aux Biches, Pointe aux piments, Roches noires, Terre rouge… Ces noms de bourgs et de villages fleurent bon la piraterie, les boucaniers et les recoins mystérieux de L’Île au trésor. Il suffit de parcourir la carte de l’île Maurice pour être transporté dans des lieux où des corsaires de passage auraient pu enfouir pistoles et diamants bruts. Des temps anciens où les pirates croisaient dans les eaux agitées de l’océan Indien, il demeure cette magie des lointains rivages tropicaux.

Mais, pour les aventuriers en tongs du XXIe siècle, Maurice, que l’on rejoint de Paris en dix inoffensives heures d’avion, est à ranger dans la case “paradis touristique” à côté des Seychelles ou des Maldives. Il est indéniable que le visiteur en a pour son argent. Plages de sable blanc se déroulant à perte de vue, ciel bleu monumental, lagons peuplés de milliers de poissons colorés, crépuscules singuliers, quiétude absolue et éternelle… Mais, attention, ce minuscule point sur le planisphère n’est pas seulement une destination faisant les délices et le beurre des paparazzis pendant les vacances de Noël (les présidents Chirac et Mitterrand avaient leurs habitudes au célèbre hôtel Royal Palm, Ségolène Royal y séjourne régulièrement ainsi que Rachida Dati, Valérie Trierweiler, Patrick Bruel, Franck Dubosc…). Pourtant, le véritable magot de l’île Maurice est à trouver ailleurs que sur le papier glacé d’une carte postale ou d’une cover de Voici.Meilleur pays africain dans le classement Doing Business
À la surprise générale, ce caillou volcanique pauvre en ressources naturelles – hormis son lagon et ses paysages – a engendré un miracle. Quelques chiffres préliminaires pour étayer le propos : Maurice a engrangé un taux de croissance annuel moyen de 5,3 % entre 1969 et 2013, son PIB a plus que doublé au cours des dix dernières années.

Les Mauriciens font même figure de bêtes à concours : l’île est le premier pays du continent noir dans le classement Doing Business de la Banque mondiale ainsi que de l’indice Ibrahim de la Gouvernance africaine – les critères retenus étant la facilité à créer son entreprise, la sécurité et la souveraineté du droit, le développement économique durable, etc. À l’ombre de la menaçante montagne du Pouce, Port-Louis, la capitale, et Ebène, son quartier des affaires (la Défense, en modèle très réduit quand même), vivent dans des embouteillages permanents qui n’ont rien à envier à certaines mégalopoles chinoises.

Centres commerciaux flambant neufs, sièges sécurisés de grandes banques internationales (HSBC, Barclays ou Deutsche Bank), tours vitrées modernes et sans âme cohabitent paisiblement avec un vieux marché aux épices et aux poissons bien odorant, des échoppes chinoises surchargées et quelques belles demeures coloniales.

(Le Point)

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